Plus que jamais présent dans la culture populaire, le Graal est un objet issu de légendes celtes, dont les auteurs du Moyen-Age se sont nourris pour fonder un mythe durable: celui des chevaliers de la Table ronde.
« Graal » serait un mot issu du latin gradalis, ayant donné différentes formes au Moyen-Age, telles gradal, grasal, grésal, ou encore gréal, signifiant toujours « coupe », « récipient » ou « plat creux ».
Chez les Celtes, c’est un chaudron qui confère l’immortalité. Pour les auteurs du cycle arthurien, le Graal désigne :
- un mystérieux plat à poisson (Chrétien de Troyes),
- le calice utilisé par Jésus lors de la Cène et utilisé par Joseph d’Arimathie pour recueillir son sang (Robert de Boron),
- ou encore une pierre magique (Wolfram von Eschenbach).
Le Graal est-il une quête. Quête d’un trésor illusoire : trésor des Cathares, des Templiers, des Wisigoths, ou encore le trésor imaginé par le nazi Otto Rahn. Ou, plus intéressant, une quête spirituelle : un voyage dans les profondeurs de l’être?
Chez les Celtes, c’est un chaudron qui confère l’immortalité.
Et si, tout simplement, le graal était un plat creux ou une marmite où l’on préparait la nourriture. En tout cas, il est établi par M. Roques que le mot est lié à une réalité domestique et rurale et que l’aire des formes gré, greau, grial dans la région Est et Nord-Est du domaine d’oïl représente une aire en régression à laquelle correspond, dans les domaines franco-provençal et occitan, celle du type graal, grazal.

Pour les chrétiens, le Graal est certainement un plat à poissons (péchés par le Roi-pêcheur), le poisson étant le symbole chrétien de la vie en abondance, finalement très proche de l’hostie.
Le Graal n’est pas à proprement parler une relique. C’est un objet mythique qui n’a pas d’existence réelle, même si nombre de romanciers ont laissé entendre le contraire. Le Graal n’existe que dans l’inconscient collectif.
Mais il s’agit d’une quête avant tout personnelle et spirituelle. Cette quête met les chevaliers de la Table ronde (notamment Lancelot et Perceval) face à eux-mêmes : ce sont leurs défauts qui les éloignent du but. Secrètement épris de la femme du roi Arthur (Guenièvre), Lancelot est inapte à retrouver le Graal. Perceval commet lui aussi des péchés qui lui barrent l’accès au Graal.
Le message est clair : l’ennemi est en nous-même. Il faudra plonger en soi pour tenter de comprendre ce qui fait obstacle, et extraire ce qui est impur, sans commettre d’erreur. La quête, c’est précisément ce chemin de transformation personnelle. Un chemin long et délicat, qui consistera à sortir de sa zone de confort et de ses certitudes.






