Sommes-nous revenus aux heures sombres de l’Après-Guerre relatées par Youenn CRAFF dans la brochure « Points d’histoire » de l’Unvaniezh Koad Kev ? Triste époque où le premier rassemblement du lundi de Pâques 1958 à la chapelle du Koad Kev à Scrignac fut interdit par l’autorité préfectorale. L’objectif était d’honorer la mémoire de l’abbé Yann-Vari PERROT et de tous nos frères de sang tombés pour la cause bretonne. Jour hautement symbolique car correspondant à l’anniversaire du soulèvement irlandais de Pâques 1916.
Le lundi de Pâques 1958, les participants furent empêchés de se rendre sur les lieux du meurtre et de la tombe de l’abbé martyr. Des cordons de gendarmes mobiles, mitraillette au poing, barraient toutes les routes menant à Koad Kev. Les années suivantes, le diocèse de Quimper et Léon dissuadèrent les prêtres de se rendre à ce lieu de pèlerinage. Un tabou qui perdura durant les décennies qui suivirent.
Or, pour ce lundi de Pâques 2026 à Scrignac, Mgr Laurent DOGNIN, évêque de Quimper a interdit à l’abbé David ALDALUR de célébrer une messe dans la chapelle de Koad Kev. Par un communiqué du 25 mars 2026, au motif fallacieux que son ministère n’avait aucune reconnaissance canonique dans le diocèse. Position d’autant plus incompréhensible que le pardon organisé en 2025 le même lundi, au même lieu, par le même intervenant n’avait donné lieu à aucun incident. Ni à aucune interdiction. Le crime inexpiable de l’abbé ALDALUR ? Une revendication trop affichée de son identité bretonne et catholique traditionnelle. Et une popularité grandissante….
« Drôle de paroissien » que ce Laurent DOGNIN, tout de même ! Un combattant dont l’ennemi n’est nullement ceux que l’histoire a désignés de tout temps ! Inutile d’entrer dans les détails. On nous aura compris. Car l’Ennemi, pour lui, c’est le catholique authentique, le catholique de tradition qui fait de l’ombre aux conciliaires qui ont vidé les églises. A son tableau de chasse, le sieur DOGNIN avait déjà accroché la Fraternité Saint-Pierre en l’expulsant de son Diocèse plusieurs mois auparavant.
Mais comment un catholique non renié pourrait-il être en pleine communion avec cette Eglise conciliaire qui prêche l’inverse de ce qui a été enseigné durant deux millénaires. Et qui fut rappelé à la fois par Mgr Marcel LEFEBVRE et l’abbé Georges de NANTES. Les prêtres de la Tradition catholique n’ont besoin d’aucun mandat pour célébrer la Messe de Toujours. Ils représentent la véritable Eglise catholique face à une Eglise conciliaire qui n’est qu’une contrefaçon.
L’interdiction d’accès aux patriotes bretons à la chapelle de Koad Kev par l’évêque de Quimper est indéfendable et scandaleuse. Cependant, elle nous surprend guère. La trahison, de nos jours, n’est plus seulement politique mais aussi religieuse. Elle s’inscrit dans le vaste mouvement d’étouffement organisé par le pouvoir central. L’actualité nous le démontre chaque jour. L’Etat jacobin ne tolère plus la moindre manifestation identitaire, traditionaliste, patriote et nationaliste sur notre propre sol. Les autochtones doivent se taire en tous lieux. Place aux nouveaux arrivants, aux nouveaux croyants de la foi islamique, lesquels bénéficient de toute l’affection et de la mansuétude de l‘ Etat républicain. Le plus grave est que les atteintes manifestes à nos libertés fondamentales ne sont nullement dénoncées par des partis politiques censés nous défendre. Sous prétexte de « prudence ». En vérité, par manque de courage.
Faut-il donner constamment des marques démonstratives de soumission et de repentance à l’égard du personnel conciliaire ? Y compris quand celui-ci nous censure ? Les lieux de culte catholique, avant leur accaparement révoltant par l’Etat républicain, sous couvert de la loi maçonnique de 1905 appartenaient à l’Eglise. C’est-à-dire à ses desservants et son peuple de croyants. La chapelle de Koat Kev construite après la loi susdite ne déroge pas à la règle. Elle appartient de façon toute légitime aux seuls baptisés si un Pasteur de bonne foi fait défaut.
Il est incontestable que le sieur DOGNIN est avant tout, le défenseur des intérêts républicano-macronistes comme l’évêque Pierre Cauchon, de sinistre mémoire, était celui des intérêts anglais. Pour le cas DOGNIN, nous faisons nôtre la célèbre citation du grand CHATEAUBRIAND : « Il faut être économe de son mépris étant donné le grand nombre de nécessiteux ». On nous aura compris, là aussi ! On nous reprochera peut-être un manque de bonté d’âme. Certes ! Du moins, chez ceux pour qui les Evangiles se réduisent seulement à tendre l’autre joue quand on vous gifle. Mais il faut comprendre. Ces gens-là, depuis Vatican II, nous ont fait avaler trop des couleuvres. Jusqu’à l’overdose. Et nous sommes aujourd’hui au milieu des ruines.
Par son diktat, l’évêque de Quimper Laurent DOGNIN répond plus à l’image d’un fonctionnaire de l’Etat athée français, qu’à celle d’un prélat digne de ce nom, tout empreint de charité. A l’image aussi de Mgr DUPARC, évêque de Quimper qui persécuta l’abbé Yann-Vari Perrot pour son militantisme breton et qui excommunia nombre de chefs nationalistes bretons. Aujourd’hui, il est heureux de voir un prêtre de combat, un soldat de Dieu qui entend poursuivre le combat du Saint-Martyr. Et reprendre le flambeau pour le bien de tous.
Jakez GUILLOUZOUIC (Le 13 avril 2026)





