Le déracinement est l’un des phénomènes majeurs de la modernité occidentale. La majorité des Européens mènent des vies quotidiennes désincarnées, sans mémoire des anciens, ni tradition à laquelle se rattacher, sans repères identitaires ni vie spirituelle. Une existence aliénée, de zombie ou de robot, dans un monde qui tend à toujours plus d’uniformisation.Cette rupture avec toutes les attaches culturelles, symboliques et affectives est la cause d’une souffrance « identitaire » individuelle autant que collective. Que ce soit dans les familles, à l’école, ou au travail, l’homme moderne voit devenir de plus en plus incertains les repères auxquels s’adossait l’existence des générations qui l’ont précédé. Il doit désormais résoudre, jour après jour, la tension entre les attaches naturelles dont il ne peut se départir, et les injonctions contradictoires que lui assènent des institutions phagocytées par l’idéologie ou la publicité.

Les grands penseurs du XXe siècle, de Martin Heidegger à Pierre Boutang, rappellent pourtant que l’enracinement est un besoin fondamental et même « le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine », comme l’écrivait Simone Weil. L’ancrage dans une communauté organique et dans un héritage offre à la fois protection et autonomie, mais aussi l’accès à une vie spirituelle immanente grâce à l’esprit du lieu et du groupe.

Une fois ce constat posé, il reste à comprendre les effets positifs ou négatifs de nos institutions culturelles et politiques sur ces liens qui libèrent. L’école qui « fabrique de l’oubli » arrache-t-elle les enfants à leurs racines ? L’État, perçu souvent comme une entité abstraite et potentiellement oppressante, joue-t-il un rôle actif dans le déracinement ? Le système de la marchandise, qui tend à tout quantifier et à transformer en fétiche le monde sensible, est-il le vrai responsable ?

Face à cette fatigue générale, comment retrouver de la vitalité et mettre fin à la crise identitaire ? Comment redevenir des héritiers soucieux de reconnaitre la dette de leurs ancêtres plutôt que des individus égoïstement centrés sur leurs droits ? Comment faire face concrètement au déracinement ?

Il est vrai que ce rêve d’une « Europe des ethnies » a été conçu à une époque où l’Europe était encore peuplée presque exclusivement par ses autochtones. Ceux-ci partageant la même proximité ethnique. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Précisément en raison du caractère démocratique dévoyé de nos sociétés. Lesquelles refusent non seulement toute reconnaissance des particularités ethniques et religieuses de nos populations, mais pourchassent ceux qui s’en font les défenseurs. Alors, oui, il nous faut rompre résolument avec le discours ambiant et certains principes de base sur lesquels sont fondées nos sociétés. Ce sont les circonstances dramatiques de l’heure qui nous y obligent. On ne fera donc pas l’impasse sur un régime de type autoritaire, organique et spiritualiste.  Nous comprenons que cela puisse désoler ceux de nos compatriotes attachés à leurs maux, à leur égoïsme, à leur individualisme, aux prétendus droits de l’homme. Mais le XXIème siècle sera celui des crises majeures pour l’Europe. Un XXIème siècle qui n’appartiendra qu’aux peuples résolus à s’affirmer comme tels. Ce qui exige de renouer avec nos traditions ancestrales, une vision identitaire, communautaire et inégalitaire du monde. Sinon, nous disparaitrons de la surface du globe, après lui avoir tant apporté !

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