Imaginons une dirigeante de droite extrême (On peut imaginer qui…) photographiée dans un congrès d’un groupe réputé pour ses violences de rue. Imaginons qu’elle investisse politiquement l’un de ses responsables pour devenir député. La tempête médiatique serait immédiate, brutale, sans appel. Les plateaux télé parleraient d’infiltration, de radicalisation, de menace pour la République. Le péril fasciste dans les palais de la république.
Imaginons un instant que Marine Lepen se fasse prendre en photo dans un congrès de Skinhead. Or, lorsque ces ambiguïtés concernent la gauche radicale, la réaction semble bien plus mesurée. Les faits sont relativisés, contextualisés, parfois même ignorés. Mélenchon à coté de voyous violents sur une photo c’est sans problème et revendiqué. Des hordes de barbares en noir qui cassent tout dans une manifestation c’est sans problème si ce sont des militants anti capitalistes. Ils peuvent blesser des policiers, envoyer des cocktails molotov sur les forces de l’ordre, là encore pas de problème.
C’est irresponsable de la part d’une certaine gauche aujourd’hui allant de LFI a Olivier Faure. Sandrine Rousseau faisait encore des déclarations sur l’utilité des antifas alors que ceux-ci venaient de tuer un jeune homme de la pire manière. L’héritage de Mitterrand est bien loin. Il faut souvent un événement dramatique pour que la question remonte à la surface et que l’on découvre soudain que ces réseaux existent, agissent, et entretiennent des proximités politiques. Le jeune Quentin lynché par des barbares s’acharnant sur lui à 6. Des barbares encouragés par des partis qui se veulent de gouvernement. Ce contraste nourrit une défiance profonde. Non seulement envers les partis concernés, mais aussi envers les médias censés traiter les faits avec la même exigence, quel que soit le camp.
Le problème dépasse la seule France insoumise. Il touche à une évolution plus large du militantisme contemporain : la réhabilitation implicite de la violence comme outil politique. Le discours est désormais bien rodé : la violence serait une « réaction », un « symptôme », une « colère sociale ». Elle devient excusable dès lors qu’elle se revendique antifasciste ou sociale. Mais une démocratie ne peut survivre si la violence de rue devient un langage politique toléré. Lorsqu’un parti ferme les yeux sur des pratiques d’intimidation ou d’affrontement, il contribue, volontairement ou non, à légitimer une culture politique de confrontation permanente.
La question n’est donc pas seulement celle des liens entre un parti et des groupes militants. Elle est plus grave : elle concerne la frontière que la République accepte, ou refuse, de tracer entre contestation légitime et violence politique. Et cette frontière, aujourd’hui, semble dangereusement floue. LFI a joué avec le feu en faisant entrer à l’Assemblée Nationale des individus condamnés et fichés S, c’est à dire considéré comme une menace pour l’État. LFI est il toujours dans l’arc républicain ? C’est une interrogation légitime. La violence ne doit jamais être encouragée ou légitimée.





