Nos sociétés occidentales se prétendent les dignes héritières d’Athènes, berceau de la démocratie, dont elles revendiquent hautement les idéaux. Rien n’est plus contestable ! Le concept de liberté politique qui s’appuyait sur une législation en accord avec l’ordre naturel, n’existe plus. La Liberté anarchique qu’on revendique aujourd’hui, ne fut jamais professée sous Solon. Quant au concept de « démocratie » archi-usité dans notre monde marchand, il se réduit à un idéal qui flatte l’égo de tout quidam. Y compris le plus insignifiant ou le plus sot qui se croit ainsi l’égal d’un génie. D’où l’extrême difficulté d’en parler sans emphase. Sinon, on commet là, l’horrible sacrilège. De celui qui conduit ipso facto au bûcher de la bien-pensance.
Mais puisque casser les codes est devenu la mode obligée chez nos intellectuels « woke », on ne s’interdira pas, à notre tour, de s’interroger sur les limites d’un système empreint d’une telle sacralité.
Illusions, désillusions
Certes, les autonomistes s’approprient également ce concept dénaturé pour être en phase avec les temps présents. Dans un but principalement stratégique, pour certains d’entre eux. Mais toujours, avec la ferme conviction que l’Etat fransquillon leur en saura gré. Qu’il leur accordera plus volontiers satisfaction sur leurs revendications, en dépit d’une hostilité de tout temps. Profonde erreur ! Trois-quarts de siècle de gesticulations régimistes témoignent de l’échec total de la supplique répétée, de la pétition renouvelée, et de la voie électorale verrouillée. Sans que s’évanouissent, pour autant, la morgue et le mépris constant du conquérant sûr de son droit universel et de son pouvoir répressif.
En vérité, la démocratie dite REPRESENTATIVE apporte illusions sur illusions, au fil du temps. Ses vices chroniques ne peuvent être mis sous le tapis : irresponsabilité de sa caste politique, règne absolu des puissances d’argent, escroquerie de la séparation des pouvoirs, avalanche d’affaires judiciaires, tripatouillages électoraux, duperie de la souveraineté populaire, manipulation de l’opinion des masses qui jugent trop souvent selon les apparences », etc.
Il est donc temps de s’émanciper des pièges sémantiques qui ont façonné nos cerveaux à l’école de la République. La démocratie dite représentative dans notre Modernité est tout sauf « représentative ». Certaines catégories sociales sont surreprésentées, sous-représentées ou cruellement absentes. Au-delà de la magie du mot, ce concept est, dans les faits, trop souvent synonyme de DEMAGOGIE, DECADENCE et DESORDRE. Qui le contestera ? Fort heureusement, il existe d’autres formes de représentation populaire qui ne doivent rien à celle qui a été importée d’outre-manche.
Vers l’Etat organique
Si nous voulons reprendre notre destin en mains, la solution existe. Il nous faut tourner résolument cette page démocratique anglo-saxonne qui conduit au néant. Et par conséquent, s’armer d’autres outils. Aussi, est-ce en se faisant « ORGANIQUE » que la démocratie garde ses chances de perdurer en évitant de sombrer dans le totalitarisme planétaire mis sur les rails par nos fausses élites.
Cette perspective oblige naturellement à une réorganisation complète de la société. D’où la nécessité de redonner vie à des structures naturelles qui furent détruites par l’application des principes de 1789 qui ne reconnaissent que l’individu isolé face à l’Etat tout puissant. Notamment, en jetant les bases d’une ORGANISATION CORPORATIVE du travail et de la production afin de subordonner à nouveau l’économie au politique.
A travers cette organicité, la pratique démocratique est entièrement renouvelée. Les referendums d’’initiative populaire se déroulent au sein de chaque corps intermédiaire ayant retrouvé leur pleine souveraineté. Participation de chacun dans ses cercles d’appartenance (familles, communes, régions, métiers…), seuls domaines où il est vraiment compétent. L’ensemble de ces corps actifs distinctifs remplaceront ainsi avantageusement ces assemblées idéologiques où la cohorte de bavards impénitents délibèrent de tout et ne résolvent jamais rien.
Nous pourrons ainsi nous prévaloir d’une représentation aussi fidèle que possible, de toutes les forces économiques, morales et spirituelles qui animent notre pays. Exit la partitocratie. N’auront plus lieu d’exister les partis politiques qui divisent la Nation en factions hostiles. Nous n’aurions plus à subir la lutte fratricide des classes. Seul comptera l’intérêt national. Le tout ordonné au Bien commun de la Cité.
Cette redéfinition structurelle de l’économie et de l’Etat a, bien entendu, ses exigences : elle imposera à la fois le renouvellement permanent des élites et la responsabilité personnelle des donneurs d’ordres. Lesquels seront âprement sélectionnés selon leurs réelles aptitudes au commandement et aux compétences sollicitées. En clair, une authentique aristocratie tirée du peuple enraciné.
Bien évidemment, l’ETAT NOUVEAU restera garant de l’initiative privée et du maintien de la propriété individuelle. Sans s’interdire, toutefois, de briser la puissance nocive des trusts et de rectifier les situations mal acquises.
Ne rien espérer avant le délitement fatal !
Mais tout idéalisme politique ou non, ne peut s’abstraire de la réalité sociétale. Ce n’est que du chaos qui s’installe et d’un sentiment national partagé que sortira celui ou celle qui nous conduira au Relèvement. Pas autrement ! Or, seuls les Nationalistes, sur l’échiquier de l’Histoire, sont porteurs de cet ordre politique nouveau. D’une société structurée et organique reposant sur la politique naturelle.
Exit la Révolution française cosmopolite et ses divisions stériles. Place à la REVOLUTION CONSERVATRICE. Avec un impératif : celui d’une Révolution nationale inspirée et dirigée par le haut, s’appliquant méthodiquement jusqu’à la base. Dans l’ordre et la sérénité. Pourquoi ? Parce que tout peuple, dans sa partie saine, celle des travailleurs honnêtes et patriotes, n’éprouve qu’aversion pour ces révolutions sanglantes et anarchiques – 1789 et 1917 – dont les profiteurs se révèlent toujours les mêmes : la canaille, les idéologues fous et les manipulateurs mus par l’ambition personnelle.
Oui, l’instauration de l’ETAT DU PEUPLE TOUT ENTIER est possible. A condition qu’il repose sur des bases à la fois nationalistes, spiritualistes et organicistes, seules garantes de sa pérennité. Sauf à vouloir périr sottement au nom d’une conception politique désuète imposée par le monde marchand.
Jakez GWILLOU ( 5 mars 2025).





