Clémentel est le premier responsable du découpage administratif de la Bretagne

Le rapport d’Étienne Clémentel (1919) dit: « L’avènement administratif des technocrates et de la rationalisation- Fidèle au principe de la liberté organisée, je n’ai pas voulu imposer aux Chambres de commerce une réforme bureaucratique. Je leur ai exposé les avantages d’une vie régionale plus intense d’où sortirait un accroissement d’activité pour notre production et nos échanges »

La mobilisation de la Première Guerre mondiale débouche sur un projet de création de régions économiques dites « groupements économiques régionaux » ou « régions Clémentel »; les attributions d’Étienne Clémentel étant limitées (il est ministre du Commerce), le projet n’a guère d’ampleur et ne vise qu’à regrouper rationnellement les 149 chambres de commerces françaises. Le découpage est guidé par les travaux de géographie scientifique de Vidal de la Blache qui avait en 1910 construit un découpage de la France en dix-sept régions autour du concept de « villes-nœuds ».

Pour la Bretagne, le regroupement Clémentel aboutit à créer deux régions :

Le 5 avril 1919, Étienne Clémentel, ministre du Commerce et de l’Industrie de Georges Clemenceau, instaure 15 groupements d’intérêts régionaux autour des principales chambres de commerce. Dans ce découpage, les villes de Rennes et Nantes ont toutes les deux leur propre groupement

En 1938, Finistère Sud et Morbihan sont distraits de la région de Nantes et attribués à celle de Rennes, suscitant les protestations de la Chambre de commerce de Nantes, appuyée par celles de Quimper et Lorient. L’Indre-et-Loire est au même moment disjointe de la Ve région : par voie de conséquence, les Ve et VIe régions Clémentel dans leur état final correspondent aux collectivités territoriales contemporaines. Ce découpage est confirmé par le décret du 28 septembre 1938, qui renforce le poids de ces régions économiques ; des conseils interdépartementaux de préfecture existent aussi.

Un projet allemand de réorganisation administrative de la France préparé par le géographe Walter Christaller, de l’Office de planification du Commissariat du Reich, montre une Bretagne réduite à quatre départements, et la création d’une région avec Nantes comme chef-lieu qui regroupe la Loire-Inférieure, le Poitou, une partie de l’Anjou et s’étend jusqu’à la Saintonge.

Au printemps 1941, le maréchal Pétain charge le Conseil national de créer une commission des provinces avec pour objectif de dessiner les limites des futures régions qui seraient instaurées une fois la guerre terminée.

Lucien Romier est nommé à la tête de cette commission d’une vingtaine de membres qui commence ses travaux le 6 mai 1941. Le 15 mai, une première carte est tracée : elle regroupe les départements français en 16 provinces. Rennes y est la capitale d’un ensemble regroupant la Bretagne, l’Anjou et le Maine. Le 23 août, la commission qui a ajourné ses travaux pendant trois mois propose un nouveau découpage, cette fois en vingt provinces, où le seul Maine-et-Loire est adjoint aux cinq départements bretons. Une dernière modification est apportée après clôture des travaux de la Commission, sur intervention du Maréchal lui-même : le Maine-et-Loire est disjoint et la Bretagne établie en province dans le cadre de son territoire traditionnel.

Mais, alors même que les travaux de la commission ne sont pas terminés, le 30 juin 1941, un décret d’application de la loi du 19 avril sur l’institution des préfets de région est publié : il institue une région de Rennes, composée de quatre départements, et une région d’Angers à laquelle est rattachée la Loire-Inférieure, et composée de ce département, du Maine-et-Loire, de la Mayenne, de la Sarthe et de la partie occupée de l’Indre-et-Loire. Selon Marc Le Fur, la Loire-Atlantique aurait été rattachée à la région d’Angers via un décret du gouvernement de Vichy du 30 juin 1941

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