La surtaxe ne fait pas une politique : la Bretagne doit retrouver ses communs et ses kers

La crise du logement en Bretagne ne vient pas d’un prétendu “fléau des résidences secondaires”, mais d’une incapacité structurelle de l’État et des communes à investir réellement dans le logement permanent. La surtaxe sur les résidences secondaires est devenue un cache‑misère politique, un outil commode pour afficher une action sans en produire les effets.

On fait croire aux habitants que taxer davantage les résidences secondaires va rééquilibrer l’offre de logement. Pourtant, les retours montrent que la surtaxe seule ne change rien :

  • elle ne crée pas de logements,
  • elle ne fait pas baisser les prix,
  • elle ne permet pas aux jeunes de rester,
  • elle ne régule pas la pression foncière.

La différence entre les communes est flagrante : Concarneau, avec une taxation modérée mais un programme réel de construction et de réhabilitation, a obtenu des résultats. Saint‑Malo, à l’inverse, a surtaxé fortement sans politique cohérente derrière : les prix continuent de grimper, les habitants permanents continuent de partir.

Le scandale silencieux est ailleurs : de nombreuses communes surtaxent mais n’utilisent même pas les recettes pour le logement, alors que c’est précisément la justification légale de la surtaxe. On détourne la taxe de sa finalité, on entretient l’illusion d’une action publique, mais on ne produit aucun logement.

Pour Gouarnamant Breizh, la solution ne réside pas dans une taxation punitive, mais dans la réactivation des communs bretons, des kers, des hameaux, des unités territoriales qui existaient avant 1790 et qui géraient collectivement leurs terres : pâtures, talus, bois, espaces communs. Ces communs permettaient de loger les familles, de construire des annexes, de maintenir les jeunes dans le ker, de réguler naturellement la pression foncière.

Aujourd’hui, si les kers pouvaient utiliser leurs communs pour construire des logements simples, légers, accessibles — tiny houses, maisons de bois, habitats réversibles — la pression foncière serait immédiatement réduite. Les enfants des kers pourraient se loger, les familles pourraient rester, et la régulation des résidences secondaires se ferait par la vie permanente, non par la taxation.

La Bretagne n’a pas besoin de surtaxes symboliques. Elle a besoin de souveraineté locale, de communs réactivés, de kers vivants, et d’une politique du logement qui repose sur les habitants eux‑mêmes, pas sur des dispositifs technocratiques qui masquent l’inaction.

C’est la position de Gouarnamant Breizh : redonner aux communautés locales la capacité de produire leur propre logement, réhabiliter les communs, réguler par la vie, et sortir de la fiction jacobine selon laquelle une taxe peut remplacer une politique publique.

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