L’affaire de Plessé « Près de Nantes, un habitat léger et paysan attaqué par la préfecture » montre surtout une chose : dès que des habitants ou des paysans cherchent à créer des solutions de logement simples, légères et adaptées à leurs moyens, l’État réagit comme si c’était une menace. On parle pourtant d’un habitat léger autorisé par la loi ALUR, soutenu par la mairie, et utile pour installer un agriculteur sur ses terres. La préfecture préfère brandir la peur de “l’appel d’air”, un argument sans base sérieuse, déjà utilisé dans d’autres débats sensibles.
Ce qui est frappant, c’est que les pouvoirs publics défendent une vision du logement figée : le pavillon en parpaing comme seul modèle légitime. Tout ce qui sort de ce cadre — habitat léger, communs, auto-construction — est vu comme une menace plutôt qu’une solution.
Et quand on parle de communs, il faut se souvenir que dans beaucoup de territoires, les anciens communs des kers ont été absorbés par les communes au fil du temps. Ce qui appartenait aux habitants, géré collectivement, est devenu propriété administrative. On comprend mieux pourquoi l’auto-organisation fait peur : elle rappelle que le logement et la terre ont longtemps été des biens communs, pas des monopoles institutionnels.
Au lieu de réprimer, il serait temps de regarder les réalités : 2000 enfants sans hébergement en France, des logements vides, des paysans qui ne peuvent pas s’installer, et des solutions écologiques qui existent mais qu’on bloque. Le problème n’est pas l’habitat léger : c’est l’incapacité à accepter des formes de logement qui ne passent pas par les circuits classiques.





